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Méditer

Méditer

" Il y a quelques années, un équipage de course au large français, en traversant l’Atlantique, perd un homme qui tombe à la mer. C’est toujours un drame, même quand chacun à bord et le skipper compris sont des superprofessionnels comme c’est le cas. Toutes les manoeuvres effectuées pour retrouver l’équipier échouent. Tout le matériel du plus récent modèle est impuissant. Disparu. Après des heures d’efforts inutiles, le skipper abandonne.

L’homme à la mer, lui, n’a pas abandonné, même s’il a vu plusieurs fois son bateau passer, presque à le toucher, sans le voir, sans l’entendre. Il continue à nager.

Au jour, alors qu’il désespère, vaincu par le froid et la fatigue, une voile apparaît à l’horizon, s’approche, navigue vers lui. Ce sont ses amis. Il est sauvé.

"Comment avez-vous fini par me repérer ? demande-t-il. - Par le nuage de goélands." Les oiseaux de mer sentent la mort. Ils s’étaient rassemblés, attirés par le nageur abandonné, et tournoyaient dans le ciel au-dessus de sa tête, au-dessus de l’horizon. Attendant d’attaquer et de se nourrir (en commençant par les yeux, dit la rumeur marine). Visibles de loin, de très loin, du bateau, où l’équipage avait tout de suite compris. Le camarade était là-bas, sous le nuage d’oiseaux. Vite, vite, on vire, on y va. "

Jean-François DENIAU

in : L’Atlantique est mon désert, Paris, Gallimard, éd., 1996.

ISBN : 2-07-074572-4


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Mis à jour le dimanche 16 avril 2017