La palangre
Le quai principal de Sanary s’appelait jadis le quai des Palangriers : c’est dire l’importance de cette pratique.
Cette méthode de pêche ancestrale comprend des avançons régulièrement écartés et accrochés à une ligne mère, le tout méticuleusement rangé dans des paniers aux fins de conserver l’ordre indispensable à la bonne pose de la palangre. Des sardines, des crevettes, des piades, des tentacules de poulpes … assurent l’appât. La longueur des avançons, leurs espacements et la taille des hameçons dépendent du poisson recherché, des lieux de pêche, des profondeurs de pose, de l’époque. Certains pointus étaient construits et adaptés à cette pêche, et en particulier l’étambot du pointu qui protégeait l’hélice pour éviter d’emmailler la palangre. Les pointus Lou Philou et l’Espadon amarrés au port de Sanary en sont des exemples.
- Voir aussi le manuel de promotion de la pêche à la palangre diffusé par l’Organisation des Nations-Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (Food and Agricultural Organization - FAO)
Ce sont des flotteurs de liège, d’un pan de diamètre, équipés de 3 à 4 avançons. Ils sont appâtés avec du pain et destinés à prendre les poissons blancs de surface, comme l’oblade et le mulet ; cette méthode était plus réservée aux amateurs.
La cueillette des oursins durant les mois en « R »
De l’amateur au professionnel, avant la capture en apnée, tous pratiquaient le même mode de pêche : les pescadous sur leurs pointus, le corps penché hors du bateau, le poitrail appuyé sur le franc bord, la tête dans la boîte. Cette boîte, munie d’une vitre, permettait de bien voir le fond. Le pêcheur équipé d’une longue grapette (outil à 3 dents à long manche) délogeait les échinodermes dans les rochers ou dans les prairies de posidonie. Il remplissait alors une épuisette lestée reposant au fond de la mer et reliée au bateau par un bout.
Cette cueillette n’était pas qu’un simple ramassage, mais constituait une vraie pratique de pêche :
- d’abord épuisante, car elle faisait « monter le sang à la tête et gonfler la poitrine ».
- puis technique, car il fallait que les oursins soient bien pleins et sans sable ; la connaissance des zones, des époques, de la météorologie passée, actuelle ou future s’avérait particulièrement indispensable.
Les oursins ainsi pêchés étaient soigneusement rangés dans des corbeilles en canisse, le bec en bas, pour éviter qu’ils ne se vident. Le tout était abrité du soleil, sous un sac en toile de jute humidifié d’eau de mer (l’évaporation du sac mouillé assurait une climatisation naturelle de la pêche).
Cette pêche procurait aux pêcheurs un indéniable savoir sur la météorologie future. En effet, en observant le comportement de l’oursin, il pouvait prédire le temps prochain.
-* Quand l’oursin nage au sommet des branches de posidonie : le temps est et restera calme.
- Quand l’oursin se déplace rapidement sur la roche à la recherche de l’abri : avis de tempête, (largade, léventade ou mistralade)
- Quand l’oursin reste bien accroché dans l’anfractuosité du rocher ou au pied de l’herbier : le mauvais temps va durer.
- Quand l’oursin tombe lourdement de la grapette dans le flet : cela veut dire qu’il est bien plein tout d’abord et qu’une vague de froid arrive, souvent en fin du mois de janvier d’ailleurs.
- Enfin si l’oursin est vide : il fera certainement encore beau et chaud …
La pêche des araignées de mer : l’esquiniado
Cette pêche assurait un complément de revenu ; elle se pratiquait autour de l’île du Rouveau. L’araignée repérée était capturée grâce à un cercle équipé d’un filet, le coup de main s’avérant indispensable !! 2 esquiniado pêchées : le patron rentrait souriant au port.







