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Prévoir une chute à la mer

Prévoir une chute à la mer

L’éventuelle chute d’un équipier à la mer...

Prévoir l’éventuelle chute d’un équipier à la mer, c’est veiller à la préparation de son bateau, à son équipement, puis s’entraîner pour maîtriser le matériel de sauvetage et la maneouvre de récupération.

- Le bateau

Article 240-2.56 - Prévention des chutes à l’eau
I. Tout navire est conçu de manière à minimiser les risques de chute par-dessus bord et à faciliter la remontée à bord, en fonction de sa catégorie de conception. Les ponts ou les aménagements intérieurs assurent l’accès aisé aux postes de conduite, y compris lorsque
la barre de secours est mise en oeuvre, aux zones où se situent les fixations pour lignes de vie et harnais, aux zones de manoeuvre et de réglage des voiles, et aux locaux de machines.
II. Les mains courantes, lignes de vie et point d’ancrage des harnais sont disposés aussi proche que possible des descentes, et de chaque bord dans les cockpits...

Article 240-2.57 - Surfaces des ponts
La surface des ponts extérieurs est antidérapante....

Article 240-2.07 - Nombre maximal de personnes et charge maximale
IV. Le nombre de personnes pouvant prendre place à bord d’un navire est déterminé de manière à satisfaire aux exigences de flottabilité et de stabilité évaluées conformément aux dispositions de l’article 240-2.09, ainsi qu’en fonction des places assises disponibles à bord, et des aménagements intérieurs. Est considéré comme place assise tout
emplacement pouvant contenir une surface assise d’au moins 0,37 m², dans un cockpit, sur un banc de nage, ou d’autres emplacements dédiés.

- Le matériel d’armement et de sécurité

  • Equipement de flottabilité individuelle

Cette exigence réglementaire concerne tous les types de navigation, basique, côtière et hauturière :

Article 240-3.07
1.pour chaque personne embarquée, un équipement individuel de flottabilité, conforme aux dispositions de l’article 240-3.12, ou bien, si elle est portée effectivement, une combinaison de protection conforme aux dispositions de l’article 240-3.13...
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En pratique, cet équipement est représenté par les brassières de sauvetage. Leurs caractéristiques doivent correspondre au type de personnes embarquées (adulte, enfant) et à la zone de navigation :

Article 240-3.12 - Caractéristiques des équipements individuels de flottabilité
I. Les équipements individuels de flottabilité à bord des navires de plaisance sont adaptés à la morphologie des personnes embarquées et répondent aux caractéristiques suivantes :
-50 N de flottabilité au moins pour les embarcations propulsées par l’énergie humaine, quelle que soit leur distance d’éloignement ;
-50 N de flottabilité au moins pour les navires ne s’éloignant pas de plus de 2 milles d’un abri ;
-100 N de flottabilité au moins pour les navires ne s’éloignant pas de plus de 6 milles d’un abri ;
- 100 N de flottabilité au moins pour les enfants de 30 kg maximum, quelque soit la distance d’éloignement d’un abri ;
-150 N de flottabilité au moins pour les navires s’éloignant de plus de 6 milles d’un abri.
II. Seuls peuvent être embarqués, en fonction de leurs caractéristiques de flottabilité :
-les brassières de sauvetage approuvées conformément à la division 311 du présent règlement et marquées « barre à roue » ;
-les équipements individuels de flottabilité conformes aux dispositions pertinentes du code du sport et marqués « CE ».

Les brassières destinées aux enfants existent en différentes tailles ; la présence d’une sangle sous-cutale (entre les cuisses) est recommandée.

Les brassières gonflables à déclenchement manuel ou automatique, sont recommandées car, gênant moins les mouvements, elles sont plus facilement portées.

L’ensemble des brassières du bord doivent être soigneusement rangées dans un endroit facilement accessible.

  • Moyens de repérage lumineux

Cette exigence réglementaire concerne tous les types de navigation, basique, côtière et hauturière :

Article 240-3.14 - Caractéristiques des moyens de repérage lumineux
I. Un moyen de repérage lumineux peut être collectif ou individuel. Lors des navigations en solitaire, au moins un moyen de repérage individuel est exigé.
II. Tout moyen de repérage lumineux collectif répond aux caractéristiques suivantes :
-s’il n’est pas installé de manière fixe à bord, comme par exemple dans le cas d’un projecteur de recherche, il doit pouvoir flotter dans l’eau douce ou salée ;
-s’il n’est pas installé de manière fixe à bord, il fonctionne après une immersion d’une heure à la pression équivalente d’un mètre de colonne d’eau ;
-ses matériaux constitutifs extérieurs résistent aux hydrocarbures et au milieu marin ;
-de nuit, il émet un rayonnement lumineux qui ne doit pas pouvoir être confondu avec une marque lumineuse de navire ou de balisage. Avec sa réserve d’énergie maximale, la source lumineuse doit pouvoir émettre un rayonnement visible sur tout l’horizon si elle n’est pas dirigée par par une personne, et ce jusqu’à une distance théorique d’un demi-mille par temps clair.
III. Tout moyen de repérage lumineux individuel répond aux caractéristiques suivantes :
-il possède l’ensemble des caractéristiques d’un moyen collectif ;
-il est soit assujetti à chaque équipement individuel de flottabilité, soit porté par chaque personne à bord.
  • Dispositifs de repérage et d’assistance pour personnes tombées à l’eau

Ils ne sont obligatoires que sur les navires pratiquant une navigation côtière ou hauturière et lorsque l’une des conditions suivantes est remplie :
- chaque membre de l’équipage ne porte pas un équipement individuel de flottabilité ou une combinaison de protection lorsque le navire fait route ;
- la capacité d’embarquement du navire est égale ou supérieure à 5 adultes.

Article 240-3.15 - Caractéristiques des dispositifs de repérage et d’assistance pour personnes tombées à l’eau
Tout dispositif de repérage et d’assistance pour personne tombée à l’eau dont
l’embarquement est rendu obligatoire par la présente division peut être constitué d’un ou plusieurs matériels, et satisfait aux exigences suivantes :
-sa flottabilité minimale obtenue est de 142 N ;
-sa forme et ses couleurs le rendent facilement repérable de jour depuis le navire
porteur ;
-les matériaux constitutifs extérieurs résistent aux hydrocarbures et au milieu marin ;
-sa mise en oeuvre ne nécessite pas d’intervention autre que le largage à l’eau, qui doit pouvoir s’effectuer sans source d’énergie extérieure ;
-il fonctionne après une immersion d’une heure à la pression équivalente d’un mètre de colonne d’eau ;
-il possède les caractéristiques des moyens de repérage lumineux collectifs,
conformément aux dispositions de l’article 240-3.14 ;
-il ne nécessite pas de source d’énergie externe au moment de sa mise en oeuvre ;
-son efficacité est assurée quelle que soit sa position dans l’eau ;
-une personne peut s’en saisir facilement lorsqu’elle est à l’eau ;
-il comporte soit le nom et le numéro d’immatriculation du navire,... Cette identification est portée sur toutes les parties du dispositif susceptibles d’apparaître, soit de manière permanente, soit temporaire comme par exemple par le moyen d’une bande auto-agrippante velours-crochet, résistante au milieu marin.
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En pratique :

    • ce dispositif est représenté par une bouée à laquelle est associée la balise flottante avec feu à retournement ;
    • le modèle de bouée "en U" dit fer à cheval est préférable au modèle traditionnel "en O", dit couronne ;
    • sa présence à bord est recommandée, au-delà des exigences réglementaires rappelées ci-dessus ;
    • en navigation, la bouée couronne doit être :
      • disposée sur le pont, à un endroit facilement accessible, fixée de telle façon qu’elle puisse être dégagée d’un seul mouvement et lancée par dessus bord aussitôt ;
      • reliée au bateau par un filin flottant, le halin, d’une trentaine de mètres, lequel est lové et maintenu par un lien fragile (brin de laine), de façon à pouvoir se libérer sous la traction de la bouée quand elle est lancée ;
      • reliée, pour les navigations de nuit, à l’engin flottant lumineux collectif.
  • Dispositif de remontée à bord

Cette exigence réglementaire concerne tous les types de navigation, basique, côtière et hauturière :

Article 240-2.60 - Moyen de remonter à bord en cas de chute à l’eau
I. Tout navire comporte un dispositif permettant à une personne tombée à l’eau de remonter à bord aisément et par ses propres moyens, sans compromettre la stabilité.
II. Dès lors qu’une personne tombée à l’eau a atteint l’endroit du navire prévu pour la remontée à bord, elle doit pouvoir mettre en oeuvre le moyen de remonter sans assistance extérieure.
III. Lorsque le franc-bord lège est supérieur à 500 mm, ce dispositif peut être une échelle dépliante ou un filet, ou tout dispositif de marches et de poignées assujetti de manière permanente au navire, à condition qu’il puisse être déployé en cas de nécessité au moins à 300 mm sous la flottaison la plus basse. Lorsque le franc-bord lège est inférieur à 500
mm, des prises de mains simples, ou une ligne souple, solidement fixées sur le pourtour du navire, sont admises.

Il est important de noter que ce dispositif doit exister sur tous les pointus et être en permanence accessible pour une personne tombée à l’eau, sans aide extérieure.

  • Harnais et longe

Cette exigence réglementaire ne concerne que les bateaux pratiquant une navigation de hauturière :

Article 240-3.09 - Matériel d’armement et de sécurité hauturier
10.un harnais et une longe (ou sauvegarde) à bord des navires non-voiliers ;
11.un harnais et une longe (ou sauvegarde) par personne à bord des voiliers ;

Il est toutefois recommandé qu’un harnais avec longe figure dans l’armement des pointus afin que le barreur, notamment lors d’une navigation en solitaire, puisse s’assurer lorsque les conditions de navigation se durcissent.

  • Moyens d’alerte

En cas de difficulté avec les ressources du bord, il est important de pouvoir demander de l’aide,

    • par phonie :
      • poste VHF
      • ou téléphone portable : mieux vaut avoir enregistré en mémoire les numéros utiles en cas de besoin ; pour les pointus de Sanary, en particulier :
        Crossmed : 04 94 61 71 10
        Capitainerie de Sanary : 04 94 74 20 95
        Capitainerie des Embiez : 04 94 10 65 21
        Capitainerie de Bandol : 04 94 29 42 64
        Capitainerie des Lecques : 04 94 26 21 98
        Capitainerie de La Ciotat : 04 42 08 62 90
    • par signaux visuels : fusée rouge, pavillon "O" (oscar)
  • Réconfort du naufragé

La chute à la mer constitue une épreuve pour le naufragé, même si la manoeuvre de récupération a été facilement réussie et si le temps est beau. Après sa remontée à bord, il faut pouvoir le sécher et surtout le réchauffer : une couverture de survie devrait faire partie de l’équipement de chaque pointu.

- L’entraînement

La chute impromptue d’un homme à la mer entraîne toujours un stress chez le barreur et l’ensemble de l’équipage. La récupération dans le plus bref délai requiert savoir-faire, calme et maîtrise ; seul un entraînement ayant permis d’acquérir des automatismes permet à l’équipage de prendre toute la mesure des conditions particulières de l’accident et de les intégrer :

  • état de l’homme à la mer : valide ? sachant nager ? paniqué ? blessé ? inconscient ?
  • état de la mer et du vent, température,
  • réactions des passagers non expérimentés qu’il faut aussi gérer.

Le patron et ses équipiers habituels doivent s’entraîner régulièrement à la mise en oeuvre du matériel de sauvetage et aux manoeuvres de récupération d’une personne tombée à l’eau.

L’acquisition d’automatismes augmente considérablement les chances de succès si une telle situation devait survenir.



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Documents joints

L'équipement de sécurité des navires de plaisance
L’équipement de sécurité des navires de plaisance
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Direction générale
des Infrastructures,
des Transports
et de la Mer - décembre 2010

 

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Mis à jour le dimanche 17 septembre 2017